Édito : L'inquiétant début de saison de Nuno Espirito Santo 2

Édito : L’inquiétant début de saison de Nuno Espirito Santo

Aussitôt après avoir été élu manager du mois d’août en Premier League, Nuno Espirito Santo est – malheureusement pour lui – vite revenu à la réalité. Il faut dire qu’il a d’une certaine manière, confirmé qu’obtenir la victoire était important, mais que construire la victoire l’était bien plus.

Je ne vous cache pas que je soupire au moment d’écrire ces lignes ; qu’il est difficile de supporter Tottenham…

Depuis le départ de Mauricio Pochettino, les adorateurs du club n’ont pas été épargnés par les faux espoirs et les mauvaises surprises, que ce soit sur et en dehors du terrain. Dans un sens et vu ce qu’il se passe actuellement au club, on peut même se demander si Nuno Espirito Santo n’est pas, lui aussi, d’ores et déjà une déception.

Mettons d’emblée les choses au clair, j’ai pleinement conscience que c’est terrible et injuste de faire un premier bilan sur le coach portugais, alors qu’il n’a dirigé l’équipe qu’une dizaine de matchs, si nous prenons en compte les rencontres amicales de pré-saison. Il m’est arrivé d’avoir été beaucoup plus patient envers certains anciens managers, néanmoins, je crois que faire un état des lieux ne doit pas forcément être vu comme un jugement définitif envers Nuno Espirito Santo et encore moins une condamnation. C’est bien Jose Mourinho qui disait à Dele Alli que le temps passe vite et qu’il faut vite se remettre en question pour éviter tous les possibles regrets que nous pouvons éventuellement avoir. J’estime que l’actuel coach portugais doit – non pas être renvoyé – mais se poser des questions et trouver des solutions à celles-ci, d’où l’idée d’un premier bilan.

Louangé du temps où il était à Wolverhampton, Nuno (comme certains l’appellent) a cette chance de connaître le championnat anglais, d’avoir une belle expérience en Premier League et un bilan pas si mauvais sur le papier.

Mine de rien, il a un profil idéal et je me refuse à croire qu’il manque d’ambition. J’ai énormément de mal à accepter qu’il est possible de voir un manager gâcher une telle occasion de diriger un club du Big Six en « espérant » que tout roulera pour le mieux. J’ose espérer que ce n’est pas le cas, mais…

Ceux qui suivent Tottenham et qui regardent les rencontres, savent que cette équipe peine à se montrer dangereuse sur le plan offensif. Sept matchs (compétitifs) furent dirigés par Nuno jusqu’ici, pas un seul n’a su me rassurer. Certains fans essayaient de relativiser notre première défaite en barrage de l’Europa Conference League face à Paços de Ferreira, en disant que ce n’était pas l’équipe type qui jouait et que l’équipe manquait encore d’automatisme. Il a fallu s’en remettre à un Harry Kane, qui avait toujours la tête ailleurs, pour se qualifier et rejoindre la phase de groupe ; n’avions-nous pas là une raison de légitime de s’inquiéter ?

La suite l’a été, beaucoup plus.

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Huit tirs tentés contre les Wolves, deux contre Crystal Palace, seulement un but inscrit dans le jeu sur les quatre premières rencontres en championnat, une différence de but réduite à néant à la première défaite. Au final, il n’a fallu certes, qu’un pénalty et un coup-franc pour que les Spurs se « sauvent » contre le promu Watford et un Wolverhampton en pleine reconstruction, mais tout le monde sentait que cela ne durerait pas éternellement. Le match à Selhurst Park a bien montré que les victoires précédentes n’avaient pas été acquises après domination, n’avaient aucune base forte sur lesquelles s’appuyer.

Comment justifier ces prestations ? À lire certains, la blessure d’Eric Dier, le carton rouge de Japhet Tanganga et l’absence de certains joueurs sud-américains, peuvent expliquer en partie la cinglante défaite contre Crystal Palace. On aura beau dire que tout part de la défense, je ne pense pas qu’il y ait un quelconque lien entre notre défense et le manque d’animation dans le jeu, ainsi que les lacunes offensives de l’équipe. Il serait d’ailleurs, trop facile de ne mettre la faute que sur Harry Kane, qui n’a certes, plus envie de se donner à fond, mais qui aurait très certainement trouvé les filets adverses si les ballons arrivaient jusqu’à lui.

Le match contre le Stade Rennais devait nous rassurer, le coach devait profiter de cette bouffée d’air frais que représente les compétitions européennes – dans le planning du club – pour relancer l’équipe et créer une dynamique. Malheureusement, le constat fut à nouveau le même. L’idée de trouver les attaquants via de longues transversales aériennes illustre bien nos difficultés à faire circuler verticalement le ballon. Dans un sens, Tottenham peut même s’estimer heureux du match nul, les deux buts inscrits par les Spurs arrivèrent après deux erreurs défensives adverses, c’est dire si les choses ont changé depuis le premier match de Nuno Espirito Santo à la tête du club.

Ce premier petit bilan est un constat, qui montre toute la fragilité de l’équipe, mais aussi cette passivité du staff, c’est un tout.

Que faut-il faire ? Il est vrai que ce bilan n’est pas impressionnant, il est même frustrant, parce qu’il y a cette impression que Nuno ne réagit pas ou ne trouve pas de solution au problème. Pour autant, faut-il prendre la décision radicale de le renvoyer ? C’est une question qui se pose, j’ai moi-même adopté le #NunoOut à chaud après le match contre Rennes, mais je n’oublis pas à quel point il fut difficile pour Tottenham de trouver un homme pour prendre la tête de l’équipe. Je pense d’ailleurs qu’il serait bon d’éviter de miser sur un nouvel intérimaire et naviguer à vue, comme ce fut le cas avec Ryan Mason. S’impose dès lors, ce sentiment d’être pieds et poings liés avec l’entraîneur, qui m’amène à croire qu’il vaudrait mieux le soutenir et notre soutien, il en aurait bien besoin, face aux rivaux de Chelsea.

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