Avec Mourinho, Tottenham doit changer d'identité pour changer de paradigme en 2020 2

Avec Mourinho, Tottenham doit changer d’identité pour changer de paradigme en 2020

La nomination en novembre dernier de José Mourinho à la tête des Spurs a été l’amorce d’une petite révolution. Fier de son histoire et surtout de son statut d’outsider, Tottenham a toujours été un club un peu à part dans l’histoire du football anglais, promouvant le beau jeu, une philosophie sur et en dehors du terrain très loin des sempiternelles ambitions tournant uniquement autour de la chasse aux trophées.

Mourinho la concrétisation d’une ambition

José Mourinho est un rêve de très longue date pour Daniel Levy. Le portugais, avec son palmarès impressionnant et une réputation d’homme dur et exigeant, a toujours été vu comme l’homme nécessaire et attendu du côté d’Enfield pour entamer la dernière étape d’un cycle démarré il y a plus de 10 ans maintenant : faire de Tottenham une place forte du football mondial.

José Mourinho Tottenham signature

Si économiquement le pari est plus que réussi jusqu’ici, il manque cependant la reconnaissance d’estime pour les Spurs et surtout pour son président. C’est dans cette logique que s’inscrit l’arrivée de Mourinho même s’il ne fait aucun doute que les deux hommes auraient préférés des circonstances très différentes, d’autant plus que le costume de Mauricio Pochettino est assez large à occuper – surtout dans l’affect des supporters de Tottenham. Car même avant la nomination de Pochettino en 2014, c’était déjà un profil aguerri que recherchait Daniel Levy pour faire franchir ce cap à son club. C’est notamment pour ça que l’homme de main de Joe Lewis avait essayé d’attirer Carlo Ancelotti, Louis Van Gaal puis Frank de Boer avant de se rabattre sur l’argentin.

Le mariage entre les deux partis peut paraître tout aussi étrange que parfait. Tottenham et Levy n’ont jamais eu la réputation que l’on accole bien souvent aux choix de club de l’entraîneur portugais tout comme Mourinho n’aura été une cible facile à atteindre pour un club de l’envergure modeste des Spurs. Sans doute que Mourinho a aussi vu là l’opportunité de faire taire les mauvaises langues et de prouver qu’il est toujours le « Special One », surtout après son passage très contesté à Manchester United. Lui qui a souvent été critiqué pour prendre des choix de carrière facile n’en a clairement pas pris un pour cette fois. Dans un club qui a beaucoup d’atouts mais encore tout à construire en terme de réputation, c’est au final loin d’être une union si surréaliste que ça et un challenge très excitant pour les deux.

Il vaut mieux échouer en visant haut que réussir en visant bas. Et nous, les Spurs, avons fixé nos objectifs très haut, si haut en fait que même l’échec aura en lui l’écho de la Gloire.

Bill Nicholson

Mais pour que ce mariage fonctionne, les deux conjoints vont devoir faire un effort pour trouver un équilibre. De son côté, Tottenham va devoir perdre ses habitudes de perdants magnifiques, mettre de côté l’héritage romantique des légendaires et révolutionnaires Arthur Rowe et Bill Nicholson qui ont toujours mis en avant la philosophie du beau jeu et abandonner ce côté garçons sympathiques et fragiles sur le terrain. Certes c’est cette philosophie qui a apporté les plus beaux titres au palmarès de Tottenham mais dans un football moderne et face aux machines de guerre que sont les grands clubs de Premier League et d’Europe, il est temps de faire une entorse à son identité pour embrasser celle de l’ambition.

Tottenham va devoir accepter ce qu’il a toujours refusé et fait pourtant partie de la réputation de Mourinho : l’agressivité, l’intransigeance, l’absence de remords et plus que tout, ce qu’aucun des Redknapp, Villas-Boas et même Pochettino n’ont été en mesure de modifier dans l’ADN des Spurs depuis 2008 : vaincre quoi qu’il en coûte. Ne plus avoir peur de gagner, ne plus se sentir inférieurs au coup d’envoie d’une finale, ne plus se cacher derrière les coups du sort, c’est ça que les Spurs vont devoir laisser derrière eux si l’ambition réelle du club, et celle de ses supporters, est de redevenir enfin ce club qui réinvente le foot et ne le subit plus.

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